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Le Graal est un objet mythique de la légende arthurienne, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du XIIIe siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal. La nature du Graal et la thématique de la quête qui lui est associée ont donné lieu à de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques, ainsi qu'à de multiples illustrations artistiques.
Extrait :
Le jour de la Pentecôte, le roi Artus et la reine Guenièvre vêtirent leurs robes royales et posèrent leurs couronnes d’or sur leurs têtes ; et certes le roi était très beau ainsi et il avait bien l’air d’un prud’homme. Comme il sortait de la messe, passée l’heure de tierce, il trouva Lancelot qui revenait, en compagnie de Bohor, de l’abbaye de la forêt où il avait adoubé son fils Galaad, ainsi que le conte l’a rapporté. À tous trois, le roi fit joie, puis il commanda de mettre les tables, car à son avis il était grand temps de manger.
— Sire, dit Keu le sénéchal, nous avons toujours vu qu’aux grandes fêtes vous ne vous asseyiez point à votre haut manger avant qu’une aventure fût advenue en votre maison : à faire autrement, aujourd’hui, vous enfreindriez la coutume.
— Vous dites vrai, Keu. J’ai tant de joie de l’arrivée de Lancelot et de ses cousins qu’il ne me souvenait plus de cette coutume.
Or, tandis qu’ils parlaient ainsi, les chevaliers s’étaient approchés de la Table ronde. Sur chaque siège se trouvait écrit le nom de celui à qui la place appartenait. Mais, sur celui qu’on nommait le siège périlleux parce qu’aucun homme jamais ne s’y était assis sans être puni par Dieu, on s’aperçut que des lettres d’or nouvellement tracées (on ne sut jamais par qui) disaient ceci :
Quatre cent cinquante-quatre ans après la Passion de Jésus-Christ, le jour de la Pentecôte, ce siège aura son maître.
— En nom Dieu, s’écria Lancelot après avoir répété ces mots à haute voix, qui voudra faire le compte trouvera que c’est aujourd’hui même !
Tous les pairs et les compagnons de la Table ronde demeurèrent ébahis de cette grande merveille et Keu s’écria :
— Par mon chef, sire, vous pouvez maintenant dîner, car l’aventure ne vous a point failli !
— Allons ! dit le roi.
Les nappes mises et l’eau cornée, les chevaliers lavèrent leurs mains dans les bassins d’or, puis le roi s’assit sur son estrade et chacun a sa place ; et, comme les compagnons de la Table ronde étaient tous venus, tous les sièges furent occupés, hormis le siège périlleux. Mais, au moment qu’on allait servir le premier mets, soudain les portes et les fenêtres se fermèrent d’elles-mêmes ; puis, au milieu de la salle, apparut un vieillard en robe blanche, que nul n’avait vu entrer, et qui tenait par la main un chevalier vêtu d’une armure couleur de feu, mais sans écu.
— La paix soit avec vous ! dit le prud’homme à si haute voix que chacun l’entendit. Roi Artus, voici le vrai chevalier, le désiré, le promis, sorti du haut lignage du roi Salomon et de Joseph d’Arimathie, celui qui mènera à bien la quête du Saint Graal et achèvera les temps aventureux !
— Bienvenu soit-il, dit le roi en se levant, car nous l’avons longtemps attendu ! Jamais il n’y eut si grande joie que celle que nous lui ferons.
Alors le chevalier ôta son heaume et l’on vit qu’il était tout jeune ; et comme le gerfaut est plus beau que la pie, la rose que l’ortie et l’argent que le plomb, il était plus beau que tous ceux qui étaient là. Le vieillard le désarma et le conduisit par la main au siège périlleux, où il s’assit sans hésiter, en toute sûreté. Et quand les barons virent ce jouvenceau en cotte rouge et surcot vermeil fourré d’hermine prendre place si simplement au lieu que tant de bons et de vaillants avaient redouté et où étaient advenues déjà de si hautes aventures, il n’est aucun d’eux qui ne le tint pour son maître, car ils pensèrent que cette.... CLIQUEZ ICI POUR TÉLÉCHARGER LIVRE